les jongleurs de mots

Enfin cette parole, ces mots, ces métaphores, tout se dénoue dans un océan de plaisir, d’abondances, de plaisir partagé.

Rien n’y fait, ni l’oiseau rare, ni le petit grain, rien n’oppose cette parole à s’exprimer enfin tel un moulin à parole à une vitesse démente tout est enfin dit dévoilé.

O parole, O lumière, déballées avec rapidité, engouement, ferveur, enfin tout le plaisir des lettres des mots, des sons : Quelle joie partagée librement.

Puis tout redevient calme, s’apaise, se pacifie, gigote pour retrouver enfin dans un silence nu et respecté tel l’enfant qui vient au monde vierge de toute expérience, de toute quintessence.
Ces mots qui se bousculent comme une vie à ses débuts, se battent entre eux pour retrouver leur rythme : un rythme dynamique, joyeux et vif, ces mots rompus au silence forcé contraint comme un soldat errant en mal de direction.

Alors les mots se dispersent de nouveau, reprennent leur passion favorite : déclamé, récité donnant un sens à la langue, aux sonorités, aux goûts, aux saveurs de l’existence.

Un mot reste « un petit être de vie » qui a besoin tout au long de son cheminement de jaillir, de crier, de renaitre et enfin tout doucement sans un soupir de laisser sa place avec un peu d’amertume à son petit frère de sang.

Frédéric Bengioar