la deuxième fois

Le numéro 2 c’est toujours difficile.

Comme au théâtre la deuxième. Surtout quand la première a bien marché. On a tendance à relâcher l’énergie. Les troupes amateurs ou les ateliers théâtre connaissent bien ce problème, elles qui ne jouent en général que quelques représentations d’un spectacle.

Du côté professionnel, on dit souvent que les 6/8 premières représentations permettent au spectacle de trouver son rythme, sa justesse. Forcément après avoir répété avec comme seul public le metteur en scène, une pièce de théâtre ne prend sa vraie dimension qu’en présence du public.

Mais dans le théâtre amateur, la troisième ou la quatrième représentation c’est souvent la dernière. Il y a donc un impératif à être juste dès la première.

C’est souvent une dimension occultée du théâtre amateur, qui rend le travail encore plus difficile. Et puis, pensez que là où les comédiens professionnels se sont vus tous les jours, pendant trois semaines, un mois, pour répéter, et ont donc pu s’immerger totalement dans l’univers de leur pièce, les amateurs n’ont finalement eu la plupart du temps que trois heures par semaine de répétition. Avec un autre métier et ses soucis, entre chacune des répétitions. Répétitions qui s’étalent sur plusieurs mois. Je profite de l’occasion pour citer un site que je concocte qui donne outils et méthodes pour le théâtre : Théâtre Facile.

Le terme est d’ailleurs souvent méprisant et est devenu presque péjoratif. Amateur. C’est le contraire de sérieux. Et pourtant c’est le théâtre amateur qui est à l’origine de plusieurs des très belles histoires du théâtre français. Ce sont souvent des troupes amateurs qui irriguaient la vie théâtrale hors de Paris jusque dans les années 60/70 et la décentralisation pourtant entamée après guerre.

Et pourtant quelle belle étymologie : l’amateur c’est d’abord celui qui aime ! C’est donc l’amoureux de théâtre que l’on devrait qualifier d’amateur !

Edito d’Ondes en Scène n°2