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Intermittents : pourquoi la lutte doit continuer


Dans la nuit du vendredi au samedi 22 mars le patronat a signé avec quelques représentants syndicaux un accord sur l’assurance chômage. Pour les travailleurs au chômage, il s’agit d’une réelle baisse de leurs droits . Le régime de l’intermittence du spectacle n’a finalement pas été démantelé mais connaît également de nombreux reculs, malgré les paroles rassurantes de la ministre Filipetti sur l’avenir de la culture. Petit tour d’horizon.

L’intermittence menacée
Idéalement le système de l’intermittence du spectacle permet aux artistes qui peuvent en bénéficier de toucher une allocation entre deux périodes rémunérées. Sachant que souvent une partie du travail de création dans le spectacle vivant n’est pas payée ou pas forcément à sa juste valeur, l’intermittence du spectacle permet aux artistes de créer, en leur assurant un revenu minimum. Cela leur permet également de ne pas chercher d’autres activités, des petits boulots pour continuer à se former, s’enrichir, nourrir leur art, créer (tout cela étant du travail et faisant partie du « métier » d’artiste).

Avec les récentes négociations entre syndicats de salariés et patronaux autour de l’assurance chômage, le régime des intermittents a été remis, une fois encore, sur la sellette. Notre mobilisation, celle des artistes et techniciens, a été relativement importante et a sans doute contribué à empêcher le démantèlement immédiat de l’intermittence du spectacle. Mais les menaces continuent de peser sur ce régime, car le texte de l’accord signé le 22 mars réclame l’ouverture de discussions avec l’État avant la fin de l’année en vue d’une réforme en profondeur de ce régime.

Le combat mené par les intermittents pour maintenir et améliorer leur statut est à replacer dans le cadre global des négociations entre le patronat et les syndicats sur l’assurance-chômage. Le grand patronat sur ce terrain aussi est à l’offensive : sous prétexte de déficit et d’une dette croissante, il voudrait revoir à la baisse les conditions d’indemnisation des chômeurs. Pourtant directement responsable du chômage, il veut profiter de la crise pour imposer un nouveau recul aux travailleurs, salariés ou chômeurs.

Des conditions d’accès à l’intermittence durcie
En ce qui concerne les annexes 8 et 10 (qui définissent les règles de l’intermittence du spectacle), le dispositif actuel, déjà considérablement durci en 2003, est reconduit avec des attaques supplémentaires. Cela revient à précariser encore de nombreux artistes et techniciens, tout en permettant aux patrons du secteur de continuer à piller l’Unedic pour payer les « permittents », des travailleurs qui sont en fait permanents et qui devraient être embauchés en CDI.

Le nouveau texte prévoit l’allongement du délai de carence, prétendument destiné aux hauts revenus, et qui s’appliquera à tous, et beaucoup d’intermittents risquent de se retrouver sans indemnisation pendant plusieurs mois. L’accord prévoit également une augmentation des cotisations salariales et patronales, ce qui va peser sur les travailleurs de la culture mais aussi mettre en difficulté beaucoup de petites structures qui génèrent des emplois à de nombreux intermittents et permettent à beaucoup d’accéder à la culture.
Dernière mesure (et poudre aux yeux) : un plafonnement mensuel des allocations et des salaires, inefficace et risible tant il est élevé et va toucher peu de monde (ce ne sera d’ailleurs en réalité qu’un différé de paiement).

Intermittents et précaires : mêmes intérêts, même lutte !
Dans le texte adopté le 22 mars, les clauses concernant les travailleurs intérimaires, comme celles pour toutes les “activités réduites” sont aussi radicalement empirées. Ce sont donc aux travailleurs les plus fragiles du fait de la précarité de leur situation professionnelle et de leur isolement que s’en prend le MEDEF, suivi de plusieurs syndicats de salariés. Cet accord n’est pas acceptable en l’état et présage d’autres attaques dans les mois à venir. Il s’est fait sur le dos des chômeurs et de tous les salariés. La lutte des intermittents doit s’amplifier et encourager celle des autres travailleurs, afin d’imposer ensemble d’autres dispositions.



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